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le franc-tireur

La pensée unique dans la ligne de mire !

Festivus festivus, militant modèle du ségolisme | 18 décembre 2006

Le post-historisme,

idéologie du ségolisme

Par Marc-Émile TOURNEMIRE, Revue républicaine


Identifié par feu Philippe Muray comme l'incarnation de l'espèce humaine des temps post-historiques, Festivus festivus vote Ségo.

Après avoir accueilli un forum UMP dépourvu d'intérêt, le CNIT a été le haut lieu du lancement de la campagne ségoliste. Les cadres du PS et des comités « Désirs d'avenir » y ont en effet reçu une leçon de « démocratie participative » par le professeur Royal. La candidate socialiste leur a demandé de faire une campagne « joyeuse » et dans « la joie de vivre ». A mi chemin entre l'opération « immeubles en fête » ou « l'incroyable pique-nique du 14-Juillet », les manœuvres de propagande seront organisées dans « des lieux sympathiques : dans la rue, un bistrot, un appartement". De « petites micro-réunions » (sic) en « petites micro-réunions », la révolution des soviets participatifs est en marche. Et Festivus festivus, angélique et immature, festif et citoyen, en est l'avant-garde.

[...]

Le malentendu ségoliste réside dans l'ambiguïté du propos de Ségolène Royal. Sous couvert de tirer les leçons de 2002, l'année zéro du PS, Ségolène Royal persiste dans le déni du réel. Elle ne fait pas « peuple », elle fait « people ». Comment expliquer autrement ses plans médias sophistiqués ou le fait de se faire appeler par son prénom comme une starlette de téléréalité ? Convoquons à nouveau Philippe Muray : « Après avoir fait semblant de se mettre à l'écoute du peuple, [les politiciens éconduits par le suffrage universel en 2002] décident que leur différend passager avec celui-ci n'est dû qu'à un déficit de communication, et que si le peuple s'est si mal conduit c'est que l'on est pas encore allé assez loin dans un certain nombre de domaines », comme la régionalisation ! Le « non » l'a emporté largement en 2005 ? C'est qu'il faut plus d'Europe, etc. Le programme de Ségolène Royal n'est pas réactionnaire, mais bien furieusement moderne. Maternant (plus d'Etat providence) et castrateur (gare à l'encadrement militaire !), communautariste (promotion des droits des « minorités » et d'une régionalisation idyllique) et mercatique (le slogan « demain sera féminin » était déjà pris), le ségolisme est une vaste escroquerie intellectuelle, une supercherie de supermarché dont les Français doivent se garder comme de la peste.

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Publié par franc-tireur à 10:58:02 dans POLITIQUE | Commentaires (0) |

Face aux violences urbaines, la police a été désarmée | 14 décembre 2006

Par Sébastien Roché, directeur de recherche au CNRS, pôle sécurité et société IEP Grenoble.

Entretien au magazine L'Expansion (droits réservés), Décembre 2006, n° 714.

Il y a un an, les émeutes des banlieues ont pris tout le monde de court...
-La surprise tient à ce qu'il n'y a rien de comparable dans l'histoire française récente. Ensuite, les responsables ont été étonnés par le mécanisme de contamination, car ils croyaient avoir affaire à des « violences urbaines » classiques, qui s'arrêtent au bout de quelques jours. D'ailleurs, après la mort des deux adolescents dans un transformateur électrique de Clichy-sous-Bois, les affrontements restent circonscrits à une seule cité. De même quand, en période de ramadan, une grenade lacrymogène tombe près d'un lieu de culte à Clichy. C'est seulement après que les émeutes débordent vers d'autres communes. Certes, le virus a un cycle de vie court - trois ou quatre jours -, mais il se transmet rapidement à d'autres villes et encercle Paris. Une contamination par proximité qui touche les grandes villes de province. Plus de 500 communes ont été concernées ! Ces événements ont été tellement minimisés qu'on en oublie l'ampleur. Il y a eu 3 000 interpellations (et plus de 400 condamnations), ce qui veut dire que des dizaines de milliers de personnes étaient dans la rue, attaquant la police, brûlant plus de 10 000 voitures, 200 bâtiments publics et 74 locaux privés.


Pourquoi les pouvoirs publics ont-ils paru débordés ?
-En raison de l'impréparation du gouvernement. Pas seulement du fait de Nicolas Sarkozy, qui, sur ce plan, n'a pas opéré de rupture avec la période Jospin. A la fin du gouvernement socialiste, les chiffres des violences urbaines étaient mauvais : le directeur général de la police nationale a alors décidé de débrancher les compteurs du Système d'analyse informatique des violences urbaines. A son arrivée, Sarkozy ne l'a pas rebranché et a même cassé le thermomètre pour ne pas connaître la température. Et il a créé un nouvel indicateur, mais pas avant le début de 2005, soit au bout de trois ans. C'est dire que les violences urbaines n'étaient pas une priorité. De plus, les RG ont été privés de leur fonction de connaissance des situations au profit d'une mission de police judiciaire, pour aider à interpeller les auteurs de délits. Ils n'ont plus à fournir de la connaissance, puisque, selon la doctrine du ministre, « comprendre, c'est déjà excuser ».


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Publié par franc-tireur à 11:37:58 dans POLITIQUE | Commentaires (0) |

1997-2007 : Bis repetita ? - par Franc-tireur | 11 décembre 2006






1997

Après avoir subit une défaite historique aux législatives de 1993, le parti socialiste est largement passé à côté du grand mouvement populaire de rejet du plan Juppé en décembre 1995, une partie de ses têtes pensantes ayant même défendu ce texte aux côtés de la majorité de droite de M. Jacques Chirac.

A la suite de ce puissant mouvement  populaire, la gauche du PS tente de constituer un « pôle de radicalité », pour faire contrepoids au PS.

Face à cette situation, le candidat socialiste, cherche à rassembler les pro et anti-Maastricht : En effet, Lionel Jospin, symbolisant le renouveau et l'intégrité politique, se veut en rupture avec le mitterrandisme et prend des engagements forts : Il veut « faire l'Europe mais sans défaire la France ». D'ailleurs, il s'engage à ne pas ratifier le traité d'Amsterdam, qu'il qualifie de "super Maastricht" (traité pour lequel il avait portant voté lors du referendum). Fort de la légitimité que lui donne une majorité de gauche, il affirme ne pas se sentir « lié » par ce texte négocié par la droite.

M. Jospin a signé un accord politique avec le Mouvement des Citoyens prévoyant l'intégration de l'Espagne et de l'Italie dans l'euro, pour d'éviter  une surévaluation de la monnaie unique européenne. D'ailleurs,  à plusieurs reprises, Lionel Jospin, s'est engagé lors de son discours d'investiture à « faire, en tout domaine,retour à la République ».

Hélas, à peine un mois après être élu, M. Jospin ratifie, au nom de la France, le traité d'Amsterdam instaurant le pacte de stabilité...
 

2007 

Après avoir subit une défaite historique aux présidentielles de 2002, le parti socialiste est largement passé à côté du grand mouvement populaire de rejet de la constitution européenne en mai 2005, ses dirigeants ayant défendu ardemment ce texte aux cotés de la majorité de droite de M. Jacques Chirac.

A la suite de ce puissant vote populaire, la gauche du PS tente de constituer « un rassemblement anti-libéral», pour faire contrepoids au PS.

Face à cette situation, la candidate socialiste, cherche à rassembler les pro et anti-TCE : En effet, Ségolène Royal, symbolisant le renouveau et l'intégrité politique, se veut en rupture avec les années Jospin et prend des engagements forts : Elle veut « faire l'Europe de la preuve »
et « réconcilier le national et le social ». D'ailleurs, elle s'engage à ne pas ratifier le Traité de Constitution Européenne (traité pour lequel elle avait portant voté lors du referendum). Forte de la légitimité du referendum de 2005, elle affirme que ce texte est « caduc ».

Mme Royal a signé un accord politique avec le Mouvement Républicain et Citoyen prévoyant l'intégration de la croissance et de l'emploi dans les statut de la BCE pour éviter une surévaluation de la monnaie unique européenne. D'ailleurs, à plusieurs reprises,  Ségolène Royal s'est s'engagée dans ces discours de campagne à « refonder le pacte républicain ».

Pour la suite... il suffit probablement de reprendre la dernière phrase du premier paragraphe et de remplacer Traité d'Amsterdam par Traité de Constitution Européenne... 
 

Publié par franc-tireur à 23:14:56 dans POLITIQUE | Commentaires (2) |

BCE : Ségolène Royal manque d’indépendance, par Franc-tireur | 09 décembre 2006

Invitée phare du congrès des Partis socialistes européens (PSE) qui se tient en cette fin de semaine à Porto, Ségolène Royal nous a encore offert un formidable numéro de girouette, dénonçant le jeudi l'indépendance de la Banque centrale européenne (BCE) pour la défendre le lendemain.  Pourtant, l'essentiel n'est pas simplement dans les volte-faces de la candidate socialiste, auxquelles nous commençons à être habitués, mais dans sa proposition de modification des statuts de la BCE qui, nous allons le voir, ne changerai absolument rien à la politique monétaire de la BCE. Plus largement, cet épisode, montre l' incapacité de la candidate socialiste à assumer la rupture avec les traités européens antérieurs, pour fonder « l'Europe de la preuve » et « des gens » qu'elle appelle pourtant de ses vœux (pieux).

Jeudi 7 décembre 2006, lors de son discours à la tribune du congrès du PSE, Madame Royal a clairement contesté la politique et l'indépendance de la BCE : "Ça n'est plus à M. Trichet de commander l'avenir de nos économies, c'est aux dirigeants désignés par les peuples" (Reuters 7/12/06). Et elle enfonce le clou : "Cela suppose aussi que la Banque centrale européenne soit soumise à des décisions politiques", décisions politiques qu'elle proposait de confier à l'eurogroupe. En soumettant la BCE aux décisions politiques, la candidate socialiste veut remettre en cause l'indépendance de la BCE. A priori, on en peut que se réjouir de cette déclaration, la soumission de la banque centrale aux gouvernements étant le seul moyen pour mettre la politique monétaire au service de l'emploi.

Le lendemain, la candidate socialiste fait volte face : "Il ne s'agit pas de remettre en cause l'indépendance de la Banque centrale européenne mais l'omnipotence de cette banque centrale". La candidate socialiste a réaffirmé qu'il fallait "sans doute compléter le statut de la banque centrale européenne" car le système actuel "est déséquilibré, sans aller jusqu'à modifier les traités européens. "Il faut que cette banque ne soit pas seulement mise au service de la maîtrise de l'inflation (...) il faut en même temps servir l'emploi et la croissance, pour lutter contre le chômage", a-t-elle avancé. "Et donc, il faut l'équilibrer en complétant le statut de la banque centrale" (Reuters 8/12/06).

Déjà on voit mal la différence pratique que la candidate fait entre « indépendance » et « omnipotence » : la première étant précisément la condition de la seconde. Exactement comme au niveau national, le peuple est le détenteur souverain du pouvoir, pouvoir qui est garanti et effectif grâce à l'indépendance nationale (la souveraineté). C'est parce que la BCE est indépendante qu'elle a tout les pouvoirs en matière monétaire (ce qui ne veut pas dire toute les marges de manœuvre). 

L'indépendance de la BCE est le cœur du problème

Mais c'est sur le fond que la proposition de la candidate socialiste – qui est celle du PS et du PSE -  révèle ses grandes faiblesse. Certes, la modification des statuts de la BCE pour ajouter à la maîtrise de l'inflation, la mission de soutenir la croissance et l'emploi peut sembler séduisante. Mais, cela ne changera absolument rien, si on ne remet pas en cause aussi l'indépendance de la BCE.  

En effet, si la BCE est indépendante ce n'est que vis à vis du politique. Les décisions de la BCE sont en fait dépendantes des marchés monétaires et financiers, de leurs réactions et donc de leurs exigences.  

En tant qu'institution monétaire, une banque centrale a des objectifs exclusivement monétaires (création monétaire, taux d'intérêt et réglementation bancaire). Peu lui chaud que l'emploi et la croissance soient vigoureux, si la monnaie dont elle a la charge s'effondre et qu'elle doit faire face à des attaques spéculatives.  Car c'est sur sa capacité à maintenir une monnaie forte qu'elle est jugée. Voilà pourquoi, l'objectif premier de la BCE, qui en plus est une institution « jeune », est d'asseoir sa crédibilité vis à vis des marchés monétaires et financiers, en maintenant un euro fort. C'est pourquoi la lutte contre l'inflation est toujours la préoccupation fondamentale d'une banque centrale : une inflation importante réduit en effet la valeur d'une monnaie (même si la valeur intrinsèque d'une monnaie peut dépendre d'autres facteurs, notamment institutionnels, cf. le cas du dollar). 

Dés lors, on peut aller graver la devise « croissance et emploi » au fronton du siège de la BCE à Francfort, que cela ne changerai pas la politique monétaire : son objectif principal demeurera la lutte contre l'inflation. Seule la soumission au pouvoir politique peut amener la banque centrale à sacrifier en partie la lutte contre l'inflation à d'autres objectifs.

Seul le politique peut concilier monnaie et croissance




Pourquoi ? Parce que si elle est dépendante des institutions politiques, la banque centrale n'est plus responsable des conséquences de sa politique monétaire devant les marchés et l'opinion. Ce sont les gouvernement qui assument alors la responsabilité de la politique monétaire. Et comme ceux-ci, n'ont pas des pouvoirs et des missions strictement monétaires, il peuvent (dans une certaine mesure) justifier une politique monétaire aboutissant à une dépréciation de la monnaie, si cela se traduit globalement par une amélioration des autres objectifs économiques dont ils ont la charge : lutte contre le chômage, la croissance, le désendettement...

Pour le dire autrement, lorsque une banque centrale indépendante a la responsabilité exclusive de la politique monétaire elle n'a nécessairement comme objectif que de combattre l'inflation. En revanche, lorsque le politique a la charge de la politique monétaire, celui-ci peut faire un arbitrage (i.e. trouver un équilibre) entre le niveau de inflation et celui du chômage (cf. les travaux des économistes keynésiens P. Samuelson et R. Solow). 

Assumer la rupture avec l'europe de Maastricht 

On retrouve ainsi, l'impératif démocratique et économique de la soumission de la politique monétaire à la décision politique : la monnaie instrument fondamental de la souveraineté, doit être contrôlée par les gouvernements légitimement élus et responsables de leur politique devant le peuple souverain.  

Alors, pourquoi madame Royal qui semblait être sur la bonne voie (remise en cause de l'indépendance de la BCE) revient-elle sur ses déclarations pour finallement adopter l'hypocrite « modification des statuts de la BCE » ? Et bien, tout simplement parce que madame Royal est dépendante des traités européens qu'elle a soutenu (Maastricht...) et dont les socialistes français et européens sont les défenseurs zélés de « l'esprit » (François Hollande veut « revenir à l'esprit des traités plutôt que de les modifier » – Le Figaro du 9/12/06).
Si l'on veut changer de politique économique pour retrouver la croissance (durable et soutenable) et l'emploi, il est indispensable de remettre en cause, et éventuellement de renégocier, les traités européens. Tout autre discours, tout autre programme, n'aboutiraient qu'à mentir aux citoyens... et à de sévères déconvenues.

Publié par franc-tireur à 14:09:42 dans EUROPE | Commentaires (0) |

Changement d’époque, Par Pierre Levy | 07 décembre 2006

Côté socialiste, ce sera donc Ségolène Royal. Si la désignation de la compagne de François Hollande ne fut pas une surprise, l'ampleur de son score constitue un événement qui dépasse, et de loin, le seul PS. Non pas par ses conséquences : de Marie-Georges Buffet jusqu'à Nicolas Sarkozy, aucun candidat n'a annoncé son intention de sortir du cadre de l'Union européenne, à tout le moins de l'euro ; dans ces conditions, si l'on ignore le nom du prochain locataire de l'Elysée, on connaît déjà la politique qu'il devra mener.

Ceci posé, il n'est pas interdit de s'interroger sur ce qui fait le succès de la « la favorite des sondages ». On peut certes citer le « vote utile » des militants pour celle qui apparaît comme la mieux placée en finale ; ou bien le caractère plébiscitaire de la consultation interne, image d'une présidentialisation croissante de la vie politique – quinquennat aidant – qui évacue la question d'une représentation politique légitime ; ou encore la dépolitisation, relative mais réelle, de ceux des adhérents qui ont vibré en entendant Mme Royal parler de « bonheur », de « désir », sans voir là une menace mortifère pour la politique.

Pour autant, à rester dans la déploration, on pourrait bien passer à côté de ce qui travaille notre peuple en profondeur, et qui a commencé à apparaître au grand jour le 29 mai 2005

La suite sur http://lereseaubrn.free.fr/spip.php?article33

Publié par franc-tireur à 16:07:12 dans POLITIQUE | Commentaires (0) |

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