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le franc-tireur

La pensée unique dans la ligne de mire !

Les parrainages, le PS, l'UMP et la fracture démocratique par Philippe Meyer | 21 janvier 2007

Pendant que le Président de la République et le Premier ministre annoncent leur intention d'allonger légèrement la période pendant laquelle les candidats à l'élection présidentielle peuvent ne plus se contenter de solliciter les promesses de parrainage mais recueillir leur concrétisation, l'UMP et le P.S veillent à ce que cette éventuelle réforme n'ait que peu d'effet, pour ne pas dire pas du tout.

Les Etats-majors de ces deux formations ont donné à ceux des 47.289 élus habilités à parrainer qui appartiennent à leur parti une consigne dont ils ne cessent de dire qu'elle ne souffre aucune exception : ne signer pour aucun autre candidat que celui désigné par la formation à laquelle ils appartiennent.

Quant aux élus sans étiquette, municipaux, départementaux ou régionaux, ils reçoivent la visite de Missi dominici du P.S ou de l'UMP chargés de leur faire comprendre que s'ils se laissaient aller à parrainer un « petit » candidat, aucune forme de représailles ne serait écartée. Au maire qui signerait bien pour l'un des candidats trotskystes, ou pour celui de Chasse Pêche et tradition, ou pour le représentant autoproclamé du gaullisme authentique, ou pour le leader du Front national, ou pour un écologiste indépendant, on a tôt fait d'expliquer que les subventions sont comme plumes au vent, ou qu'il pourrait se voir opposer aux prochaines échéances qui le concerneront, un candidat qui lui rendrait la vie difficile et l'élection malaisée.

Ceux qui ont promu cette attitude radicale –pour ne pas dire sectaire- et qui veillent à son application intransigeante vivent dans l'angoisse- pour ne pas dire la panique- de la répétition d'un 22 avril 2002. Malheureusement, ils confondent les effets et la cause. Ce n'est pas parce que les électeurs ont eu il y a cinq ans à choisir entre de nombreux candidats qu'ils ont dispersé leurs voix au premier tour et négligé les soi-disant « grands » candidats. C'est parce qu'ils avaient l'impression –pour ne pas dire la conviction- que les prétendues grandes formations ne sont plus que des machines électorales à l'américaine et qui n'ont d'existence réelle que pour quelques mois, à la veille des échéances importantes. C'est aussi parce qu'ils considéraient que les thèmes qui leur paraissaient essentiels n'avaient pas, dans la campagne, la place ou le traitement qui leur paraissait nécessaire. Les études des politologues n'ont cessé de souligner la coupure réelle et ressentie entre la société et ses représentants. Les résultats du 21 avril 2002 ont donné la mesure de cet éloignement.
Ou bien cette fracture a été réduite depuis cinq ans, ou bien, si elle ne l'a pas été, casser le baromètre ne servira de rien ou ne fera qu'aggraver cette situation et les ressentiments qu'elle a fait naître et qui trouveront à s'exprimer ailleurs que dans les urnes, et d'abord en ne s'y rendant pas.

Les chaînes nationales de télévision, en ayant choisi, elles aussi, de réserver la part du lion aux deux candidats qu'elles appellent principaux ne font qu'aggraver cette fracture démocratique et, dès lors, la mesurette envisagée par Jacques Chirac et Dominique de Villepin peut difficilement être considérée comme autre chose, dans le meilleur des cas qu'un emplâtre sur une jambe de bois et, dans le pire, comme un trompe-l'œil voire un piège à...

« L'esprit public » sur France Culture

Publié par franc-tireur à 12:58:05 dans POLITIQUE | Commentaires (0) |

Assemblée nationale : L'étendard sanglant relevé ! | 12 janvier 2007


Une fois n'est pas coutume, je vais rendre hommage à une initiative du président de l'Assemblée Nationale, M. Jean Louis Debré. Celui-ci vient en effet de faire placer dans l'hémicycle, au dessus du perchoir, le drapeau tricolore national.

En réponse à cette initiative, la Ministre aux affaires européennes, l'UMP Catherine Colonna, rejointe par les députés UDF et certains socialistes, est intervenue pour « former le vœux que le drapeau européen [...] soit présent à côté du drapeau français ».

Jean-Louis Debré a rejeté leur demande en répondant que nous étions ici dans l'assemblée nationale et qu'à ce titre seul le drapeau national y avait sa place... s'attirant les protestations d'une partie de l'hémicycle.

Certes, le débat autour de la présence de l'étendard tricolore peut sembler superficiel, alors que la plupart des normes juridiques ne sont plus votées par les représentants élus du peuple français mais sont décidées par les institutions supranationales de l'Union Européenne. M. Debré fut d'ailleurs un partisan du projet de constitution européenne qui promettait tout simplement de soumettre définitivement la Constitution rédigée par son père, détruisant ainsi ce qui nous restait encore de souveraineté. Et sa tirade sur l'assemblée nationale comme lieu de l'élaboration de la loi nationale semble hypocrite quand, à tant de reprises, les parlementaires ont accepté passivement le mécanisme des ordonnances gouvernementales pour transposer les directives européennes dans la loi nationale.

Mais, ce qui est vraiment intéressant dans cette polémique, c'est que certains parlementaires veuillent à tout prix réduire tout symbole national et tout ce qui pourrait rappeler l'histoire de la République Française, pour les mettre au même niveau que la très bureaucratique construction européenne. Car le drapeau tricolore est un « étendard sanglant », le sang de ceux qui l'ont brandit au nom de la Révolution, de la République et/ou de la France. Symbole de liberé, le drapeau tricolore sera adopté par de nombreux pays lors de leur accession à l'indépendance précisément en hommage au drapeau français (Belgique, Irlande, Italie, Roumanie, sénégal, côte d'Ivore, Mali..).

Le drapeau européen n'a pas cette histoire et même n'a pas d'histoire : il ne vaut guère mieux que les drapeaux à logo qui flottent devant les sièges de grandes entreprises multinationales : il ne renvoie qu'au vide politique et culturel du marché commun et de l'Euro dont les billets représentent exclusivement des monuments fictionnels, afin de ne jamais rappeler une quelconque histoire des nations européennes. Et sans passé pas d'avenir ! La preuve, sur les billets européens les portes et fenêtres s'ouvrent sur le vide et les ponts ne mènent nul part...

Ceci rappelle certaines œuvres d'anticipation, où le pouvoir officiel cherche à bannir toutes les formes de culture (1984, fahrenheit 451) qui pourraient rappeler aux individus qu'une autre société avait existé... et existe encore.

Car tant que subsistent ses références culturelles, la culture nationale et patriotique subsiste. Et si les européistes sont prêts à infliger aux peuples tous les sacrifices pour bâtir l'Europe libérale et supranationale, ils savent que personne n'aura jamais envie de sacrifier sa vie pour un tel projet. Seule la patrie (entendue comme entité culturelle et politique) peut susciter le sacrifice suprême, car si celle-ci est une communauté de citoyens, elle n'est pas réductible à simple contrat social. La nation c'est aussi, comme le disait St Just, la « communauté des affections » :

« La patrie n'est point le sol, elle est la communauté des affections – qui fait que chacun combattant pour le salut ou la liberté de ce qui lui est cher, la Patrie se trouve défendue. Si chacun sort de sa chaumière, son fusil à la main, la patrie est bientôt sauvée ».

Ce sont ces hommes et ces femmes qui , en 1792 comme 1944, prirent les armes contre les envahisseurs que l'on nomme les « francs-tireurs »... et auxquels le nom de ce bloc note en ligne rend hommage. Parmi eux, le « colonel Berthier », alias Jean-Pierre Vernant, chef des maquis du sud-ouest, est décédé avant hier. Ce résistant de la première heure, militant communiste non stalinien, fut aussi un grand historien de la Grèce antique, incarnant ainsi parfaitement la phrase de Romain Gary « la nation c'est l'amour des siens, le nationalisme c'est la haine des autres ».

Le franc-tireur

Publié par franc-tireur à 17:46:20 dans POLITIQUE | Commentaires (0) |

Voeux pour 2007 | 10 janvier 2007

Publié par franc-tireur à 18:09:48 dans POLITIQUE | Commentaires (0) |

Europe et emploi : tout çà pour... çà ! | 07 janvier 2007

Comment le Monde montre - involontairement - L'echec de l'Union européenne en matière d'emploi.


« Dans la zone euro, le chômage est à son plus bas niveau depuis 1993 », titre triomphalement  un article du Monde en date du 5 janvier 2007. En effet, selon Eurostat, le taux de chômage s'établit à désormais 7,6 % de la population active de la zone Euro.

Mais ce que le Monde fait apparaitre comme un bon résultat pour la zone Euro,  montre au contraire l'echec cuisant de la politique économique de l'Union Européenne et plus particulièrement de la monnaie unique. En effet, 14 ans après l'entrée en vigueur du traité de Maastricht  instituant la monnaie unique européenne (le 1er janvier 1993), nous sommes revenus au taux de chômage de ...1993 ! Cela signifie simplement que durant les quinze années correspondant à l'existence formelle de l'UE, sensée nous apporter la prospérité, le chômage s'est en fait accru.

Pourtant, les défenseurs du traité de Maastricht étaient catégoriques : la mise en place de l'union européenne et de la monnaie unique ne pouvait qu'être bénéfique pour l'emploi. Voici, extraites du bêtisier de Maastricht, quelques unes des affirmations alors soutenues par d'éminentes personnalités :


-         « le traité d'union européenne se traduira en France par plus de croissance, plus d'emplois, plus de solidarité. » Michel Sapin (ancien ministre PS de l'économie) 20/08/1992, Le Figaro


-         « La monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité » Michel Rocard, 27/08/1992, Ouest-France.


-         « Si le traité était en application, finalement la communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré » Valery Giscard D'Estaing, 30/07/1993, RTL


-         « l'union économique et monétaire , harmonisant les politiques économiques et créant la monnaie unique, est un facteur de croissance et de création d'emploi » Edmond Maire (ancien secrétaire général de la CFDT), septembre 1992, vu de gauche.


-         « Si aujourd'hui la banque centrale européenne existait, il est clair que les taux d'intérêt seraient moins élevés en Europe et donc que le chômage y serait moins grave » Jean Boissonnat, 15/09/1992, La Croix


Mieux vaut en rire.

Franc-tireur

Publié par franc-tireur à 20:04:59 dans ECONOMIE | Commentaires (0) |

Euro : le choix du néolibéralisme | 28 décembre 2006

«On paie le choix politique de l'Union : le néolibéralisme»

Jean-Marie Harribey est professeur d'économie à l'université Montesquieu-Bordeaux-IV, membre de la Fondation Copernic et vient d'être élu coprésident d'Attac.



Libération du 28/12/06

Assiste-on à une crise de confiance vis-à-vis de la monnaie unique ? 


Oui, et elle est basée sur un double phénomène. D'un côté, la méfiance grandissante des usagers ordinaires, qui voient leur pouvoir d'achat s'éroder. De l'autre, l'engouement des marchés financiers, qui spéculent sur l'appréciation de l'euro par rapport au dollar. D'un côté, les citoyens qui voient bien la simultanéité entre la mise en place de l'Europe économique et la détérioration de leur salaire. De l'autre, le boom d'une minorité qui s'enrichit via la bulle financière et immobilière.
Autrement dit, l'euro paierait pour l'explosion des dépenses de logement ou de transport ? 

Pas uniquement, mais il est vrai que l'indice des prix ne reflète plus les difficultés des ménages. La Banque centrale européenne (BCE) reste les yeux rivés sur l'inflation traditionnelle. Mais le risque de l'inflation réelle s'est déplacé : vers les coûts induits dans l'immobilier et l'énergie, qui connaissent par ailleurs une formidable spéculation. Une inflation s'est substituée à une autre : celle de l'indice des prix classiques, qui tournent autour de 2 % ; celle des actifs financiers et immobiliers, qui culmine à des niveaux bien supérieurs à 10 %.

L'euro est-il victime d'une absence d'Europe politique ? 
Non, on paie justement le prix d'un choix politique et philosophique clair et précis : le néolibéralisme. L'UE ne s'est pas constituée depuis vingt ans sur la quête d'un mieux disant démocratique, mais au contraire d'un faire-valoir économique. Quand on se fixe comme objectif, au nom d'une «concurrence libre et non faussée», de démanteler les acquis sociaux, de déréguler les services publics, de revenir sur les limites hebdomadaires de temps de travail, de saper l'âge minimum de la retraite, l'Europe et donc l'euro ne sont plus un idéal, mais l'illustration d'un cauchemar. L'euro n'est pas, en soi, une mauvaise chose. Il est juste devenu le symbole de la mise en compétition des hommes et des salaires dans l'Europe des 25...

Les statistiques européennes ne montrent pas une hausse des inégalités... 

Si, quand on s'attache à d'autres critères que ceux monétaires. La distorsion est patente. Depuis vingt ans, les salaires sont déconnectés des courbes de productivité, qui vont au seul capital au détriment du travail. On peut rétorquer que la BCE a autorisé un coût de crédit très accommodant avec des taux d'intérêt historiquement bas. Mais à quoi cela a-t-il servi ? A permettre de faire tourner l'économie casino, faciliter la valse des fusions-acquisitions. Et non à favoriser une dynamique économique.

Publié par franc-tireur à 11:10:52 dans ECONOMIE | Commentaires (1) |

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