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le franc-tireur

La pensée unique dans la ligne de mire !

Non, monsieur Sarkozy, ce n'est pas le travail qui côut cher ! | 07 mars 2007


par Jean-Jacques Chavigné
 
 
Sarkozy ne cesse de déclarer que le « coût du travail plus élevé en France que dans les autres pays européens » serait responsable du chômage...

On pourrait tout d'abord, s'étonner que Sarkozy considère le chômage comme un problème : les gouvernements auxquels ils participent - avec grands tapages- depuis presque cinq ans, n'ont cessé, en effet, de renforcer le chômage en allongeant la durée du travail, en faisant stagner les salaires, en ne remplaçant qu'au compte gouttes les fonctionnaires partant à la retraite, en allongeant la durée de cotisations pour pouvoir obtenir une retraite à taux plein... Les mesures qu'il propose aujourd'hui vont toujours dans le même sens : rendre les heures supplémentaires moins onéreuses que l'embauche, ne pas remplacer « un fonctionnaire sur deux qui partirait en retraite »... Pour un homme de droite, partisan de l'ultra-libéralisme, c'est tout à fait compréhensible : rien ne vaut, en effet, la peur du chômage pour imposer silence sur les salaires ou les conditions de travail.

Mais surtout l'affirmation de Sarkozy est radicalement fausse.

Les salaires bruts français (salaires nets + cotisations sociales salariales et patronales) ne sont pas plus élevés que les salaires de la majorité des pays européens

C'est ce qu'affirme elle-même la Fédération des employeurs européens (Fedee). Le salaire brut médian français (50% des salariés français gagne plus, 50% gagne moins) arrive en 14ème position (sur 25) des salaires européens, loin derrière le Danemark ou la Suisse mais aussi derrière l'Allemagne, les Pays-bas, l'Italie, le Royaume-uni, la Suède ou la Belgique.

C'est pourtant avec ces pays que la France a les ¾ de ses échanges.

La fiscalité des entreprises françaises n'est pas plus élevée que celle des principaux pays européens

Selon la Droite et le Medef, le taux français de l'Impôt sur les Sociétés (33,3%) est supérieur de 9 points à la moyenne européenne qui est de 24%. Il faudrait le ramener à 20% pour être compétitif !

Cela revient, au passage, à passer sous silence que la plupart des PME ne connaissent qu'un taux de 15% Cela ramènerait, surtout, le taux français au niveau des taux polonais ou slovaque (19%) accusés de « dumping fiscal ».

Mais surtout, le taux n'a aucune signification si on ne sait pas à quelle assiette, à quelle base d'imposition il s'applique.

Si l'on ramène le taux d'imposition de l'IS au bénéfice brut des entreprises (Excédent Brut d'Exploitation) : le taux effectif de prélèvement (7,2%) situe la France au 15ème rang européen sur 25. Loin derrière les pays nordiques (11,3% pour la Suède) mais aussi derrière le Royaume-Uni (10%), les Pays-bas (9,1%) et même l'Irlande (7,7%).

Comme quoi les jérémiades du Medef et de la droite cachent une réalité scandaleusement favorable aux grandes entreprises françaises.

Si la droite abaissait l'IS comme elle le prévoit, le taux de prélèvement effectif de l'IS français serait ramené à 4,3 %. Cela mettrait le France au 23ème rang européen, tout juste devant la Lituanie et l'Estonie.

Une guerre fiscale européenne

Les autres pays européens ne se contenteraient pas de lire le journal : ils abaisseraient eux aussi les impôts des entreprises. La France aurait déclenchée une guerre fiscale et tous les impôts sur les sociétés s'aligneraient ver le bas. Les entreprises françaises ne gagneraient donc strictement rien en terme de compétitivité. Par contre, les recettes fiscales de l'Etat français seraient amputées de 20 milliards d'euro annuels si le projet de la droite venait malheureusement à être appliqué.

Cette baisse de 20 milliards donnerait à Sarkozy (si par malheur il l'emportait) et au Medef un nouveau prétexte pour attaquer les dépenses sociales et le service public, au nom d'un déficit qu'elle aurait elle-même accentué de 20 milliards d'euros chaque année.

Les salaires et les impôts ne sont pas les seuls coûts des entreprises : il y a aussi les coûts du capital !

Ce qui coûte de plus en plus cher aux entreprises et que Sarkozy et le Medef passent totalement sous silence, ce sont les dividendes versés aux actionnaires des grandes entreprises. Pour les PME, ce sont les frais bancaires et les délais de paiement de plus en plus longs imposés par les grandes entreprises donneuses d'ordre à leurs sous-traitants.

Entre 1983 et aujourd'hui, la part des profits dans la partage des richesses crées chaque année par les entreprises est passée de 31 à 41%, alors que celle des salaires diminuait de 69% à 59% de la richesse créée chaque année. Ce qui représente une perte pour les salaires d'environ 150 milliards d'euros annuels : 15 fois le déficit de l'assurance-maladie !

La seule évolution des dividendes est faramineuse : +218% entre 1993 et 2005. Par comparaison, la masse des salaires distribuée n'a augmenté que de 135% sur la même période.

Les entreprises et l'emploi sont de plus en plus « pénalisés non par le « coût du travail » mais par le poids exorbitant des « charges financières ».

Les grandes entreprises donneuses d'ordre siphonnent les profits des PME sous-traitantes en baissant les prix, raccourcissant les délais de livraison et allongeant les délais de paiement.

La plus grande partie des profits des grandes entreprises n'est pas investie de façon productive mais placée de façon spéculative sur les marchés financiers, en premier lieu les marchés financiers des Etats-Unis. Ce qui contribue à renforcer la suprématie technologique et financière de l'économie américaine et les déséquilibres de l'économie mondiale.

Jean-Jacques Chavigné,  Démocratie & Socialisme

Publié par franc-tireur à 03:49:46 dans ECONOMIE | Commentaires (0) |

Nicolas Sarkozy est-il Républicain ? Par France Républicaine | 03 mars 2007

Publié par franc-tireur à 10:25:07 dans POLITIQUE | Commentaires (0) |

Tribune de l'économiste Gérard Lafay dans la Revue Républicaine | 02 mars 2007


Bilan d'un euro cher

(extraits)

Cinq ans après la disparition des monnaies nationales, les deux principaux candidats à l'élection présidentielle française critiquent conjointement le niveau trop élevé de l'euro, sans voir que celui-ci résulte de la stricte application des règles de gestion fixées par le traité de Maastricht. A défaut d'exiger une révision de ce traité, leurs critiques paraissent purement électoralistes. En sens inverse, les défenseurs de l'euro cher font preuve du même simplisme dans leurs arguments. Essayons de tirer objectivement le bilan de la politique monétaire suivie par la Banque centrale européenne.

 [...]

Car en réalité, l'inconvénient le plus grave de l'euro cher est la diminution de l'attractivité. En élevant les salaires relatifs vis-à-vis des autres pays, c'est-à-dire en rendant trop coûteux le travail, il défavorise tout le territoire de la zone euro, que les entreprises soient locales ou extérieures. Non seulement l'investissement productif intérieur y est handicapé, mais il ne s'oriente que vers des gains de productivité, sans extension des capacités de production sur place. Dans l'immédiat, l'emploi diminue, et la demande intérieure est d'autant plus ralentie que les salaires tendent à être comprimés. A terme, l'offre est brimée, ce qui pénalise la croissance potentielle. Quant aux entreprises mondialisées, elles délocalisent leur production vers des zones plus attractives, soit directement par l'investissement, soit indirectement en passant des accords de partenariat.

Ce mouvement est général pour l'ensemble de la zone euro, prolongeant les effets délétères qu'avait donnés antérieurement l'accrochage de diverses monnaies au deutsche mark. C'est la raison pour laquelle la santé florissante des entreprises dominantes ne signifie pas automatiquement une bonne santé économique sur le territoire national. L'économie intérieure de l'Allemagne est malade, comme celles de la plupart des pays de la zone euro. Le chômage y est élevé, et sa décrue récente traduit surtout le fait que la démographie y est encore plus catastrophique qu'en France. Contrairement à une idée qui reste trop répandue, ce n'est pas sur le commerce extérieur que se fait sentir le principal impact d'une monnaie chère. Sauf au départ, où il était meilleur marché, l'euro a engendré une anémie structurelle du produit intérieur brut. La persistance d'un chômage de masse en est la conséquence directe.

[...]

Loin d'avoir été accidentel, le référendum [du 29 mai 2005] a mis au grand jour la rivalité essentielle entre deux camps opposés : d'un côté, les bénéficiaires de l'euro cher et d'une libéralisation sauvage, partisans naturels du oui (principalement les grandes entreprises et les élites mondialisées, les vieux et les retraités) ; de l'autre, les victimes rassemblées logiquement autour du non (la grande masse des salariés, les petits patrons, les jeunes et les chômeurs). Apparue à cette occasion, cette nouvelle ligne de clivage va s'imposer de plus en plus dans l'avenir.

Gérard LAFAY

Lire l'intégralité de l'article sur le site de la Revue Républicaine

Publié par franc-tireur à 13:08:49 dans ECONOMIE | Commentaires (0) |

Entretien d'Emmanuel Todd à Télérama | 01 mars 2007

Face à la concurrence des pays émergents, un "protectionnisme européen raisonnable" s'impose, estime l'historien. Pourquoi l'économie n'est-elle pas au centre du débat électoral ?


Serait-il en voie de devenir le gourou des politiques ? Rappelez-vous sa fameuse note de l'automne 1994, Aux origines du malaise politique, qui permit à Jacques Chirac de mener campagne sur la « fracture sociale ». Peu se souviennent que, dès 1976, à l'âge de 25 ans, le jeune démographe Emmanuel Todd avait prédit dans La Chute finale la décomposition de l'Union soviétique. En 2002, il règle aussi le sort des Etats-Unis (Après l'empire) et continue de guetter leur effondrement. Et voilà qu'à l'automne dernier, il est parti en guerre contre les « candidats du vide » que sont à ses yeux Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Son nouveau combat ? La création d'une aire protectionniste européenne, afin de soulager les classes laborieuses des maux du libre-échange. A voir la virulence des réactions qu'il suscite, il semble que le petit-fils de l'écrivain Paul Nizan et le fils du journaliste Olivier Todd gratte à nouveau là où ça fait mal...
 
Le 13 septembre 2006, vous déclariez dans une interview au Parisien : « Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy sont “les candidats du vide”. » C'est toujours votre opinion ?

A ce jour, je ne vois pas ce qui pourrait me faire changer d'avis. Je les appelle comme ça non pas pour leur côté people, la brume autour de leur vie de couple, mais pour une absence de discours sur la seule chose qui intéresse et angoisse les Français : le système économique qui a engendré la pression sur les salaires et l'insécurité sociale. Toutefois, il serait injuste de jeter l'anathème sur Sarkozy sous prétexte qu'il dit tout et n'importe quoi, et sur Ségolène Royal parce qu'elle ne dit rien sur l'économie, sans ajouter que François Bayrou les a malheureusement rejoints. Je persiste à dire que s'ils ne mettent pas la question du libre-échange au cœur de leur programme, ils seront à côté de la situation réelle du pays, des souffrances des gens. Cela explique que la campagne ne démarre pas, et que le corps électoral ne suive pas.
 
Vous dénoncez un « système médiatico-sondagier » qui aurait « imposé » le binôme Sarkozy-Royal...

Dans les phases pré-électorales, avant que les thèmes aient été présentés par les candidats ou les partis, l'électorat populaire est inerte. Les sondages qui ont été réalisés à ce moment-là représentaient l'opinion des classes moyennes, et plutôt des classes moyennes supérieures, parmi lesquelles on trouve les journalistes, les sondeurs... Ces derniers le savaient mais, au lieu de reconnaître que leur boulot ne valait rien, ont préféré dire : « les sondages sont une photographie de l'opinion à un moment donné ». C'est une escroquerie ! Ils suggèrent que l'opinion change, alors qu'on assiste en réalité à un phénomène de formation, de cristallisation d'une opinion populaire qui n'existait pas et qui émerge dans le courant de la campagne.
Lire la suite sur le site de Télérama

Publié par franc-tireur à 02:26:35 dans POLITIQUE | Commentaires (4) |

Soutenez le journaliste indépendant Denis Robert | 13 février 2007

200 visites d'huissiers à son domicile, 30 procédures judiciaires en cours...

C'est la réponse de Clearstream et de ses banques clientes ou des autorités judiciaires françaises et luxembourgeoises aux révélations du journaliste écrivain Denis Robert.

Son seul tort, avoir dit la vérité.


Face aux moyens financiers colossaux de ses détracteurs Denis Robert ne peut opposer que son énergie, ses livres et sa bonne foi.  Ça risque de ne pas suffire.
Vu les sommes réclamées et la multiplication des procédures nous avons décidé de lui venir en aide en créant un comité de soutien, amical et financier. Notre but est de collecter des fonds et régler pour Denis Robert les frais d'huissier et d'avocats engendrés par ce harcèlement judiciaire.

Vous pouvez nous y aider en versant 10 euros ou plus ou moins à l'ordre du «comité de soutien à Denis Robert» et en envoyant votre don à cette adresse.


(Pour toute question, envoyez-nous un mail à lesoutien@gmail.com)

Comité de soutien à Denis Robert, BP 93602, 54016 NANCY CEDEX

http://lesoutien.blogspot.com/


Aujourd'hui après cinq années de combat en France mais aussi au Luxembourg, en Suisse et en Belgique, Denis Robert ne peut plus suivre financièrement. L'affaire du corbeau et les révélations (ennuyeuses pour le pouvoir en place) de son dernier livre «Clearstream, l'enquête» n'ont pas arrangé les choses : Clearstream a déposé de nouvelles plaintes à Luxembourg et en France réclamant des dommages et intérêts vertigineux. La firme attaque également ses interviews dans la presse. Si l'on prend en compte les plaintes déposées par la banque russe Menatep, la banque générale de Luxembourg, le cabinet d'audit Barbier-Frinault ou celle de Dominique de Villepin, 31 procédures sont en cours en ce moment. Aucune n'est prés d'être définitivement jugée puisque Clearstream ou ses alliés font appel ou se pourvoient en cassation dès lors qu'ils sont déboutés.

Au total, plus de six millions d'euros de dommages et intérêts cumulés sont ainsi réclamés à Denis Robert, ses témoins, les Arènes et Julliard ses éditeurs ou Canal plus qui a diffusé ses films.

Sur 28 jugements rendus au 1er juin 2006, Clearstream et ses alliés n'ont obtenu que 3 euros en leur faveur alors qu'ils demandaient entre 100 et 300 000 euros par procédure.

Nous ne voulons pas laisser Denis seul. C'est pourquoi nous faisons appel à vous pour soutenir concrètement sa défense face au rouleau compresseur de Clearstream et de ses alliés. Par ses livres et ses films, il nous a aidé à mieux comprendre les coulisses de l'hyper finance et les moyens mis en place visant au pillage des États grâce à des boîtes noires comme Clearstream.

Il est temps pour nous de l'épauler.

Rémi Malingrëy (dessinateur), Lefred Thouron (dessinateur), Patrick Perrin (artiste), Jean François Diana (universitaire), Yan Lindingre (journaliste), Philippe Pasquet (artiste), Sidonie Mangin (responsable de communication), Marcel Gay (journaliste), Yves Colombain (directeur de MJC), François Festor (chef d'entreprise).

Publié par franc-tireur à 21:44:50 dans POLITIQUE | Commentaires (0) |

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