Ce blogg vise à stimuler la reflexion critique en diffusant des analyses originales qui ont en commun la défense et la promotion de la République, de la justice sociale et de la souveraineté nationale et populaire.
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29 mai 2005 : c'est NON. NON à 54,7 % On veut vraiment parler de l'Europe: on va nous entendre, non?? Non. Silence assourdissant et chape de plomb après les invectives... Et puis un "mini-traité".... Minuscule, tout petit, mini mini..... Ah!!! Mini-traité devenu plus grand : "traité simplifié".... Mais "silence dans les rangs, ne vous inquiétez pas, laissez cela aux grands...La ratification se fera par voie parlementaire..." Bon... On regarde, on cherche.... Ce n'est pas que l'on soit méfiant, mais quand même.... Ah quand même... : 165 pages, le traité "simplifié"... Ah quand même, des protocoles, des déclarations... Ah, puis c'est "traité modificatif"... "Modificatif"? De quoi? Il n'est plus "mini", le traité?? Comment comment, le mandat de la CIG dit que "le traité modificatif introduira dans les traités actuels, qui restent en vigueur, les innovations découlant des travaux de la CIG de 2004". "Les travaux de la CIG de 2004"?? Vous voulez dire de la CIG qui avait mis au point le TCE?? Le TCE qui a été rejeté? Et il n'y a pas un énorme tollé partout, des interrogations au moins, du débat quoi? Pas un site qui rassemble les renseignements que nous avons eu tant de mal à trouver sur le Web?? Alors voilà, on s'y est mis. Pour que le débat existe ! |
Publié par franc-tireur à 08:13:48 dans EUROPE | Commentaires (0) | Permaliens
Par Henri Sérojtano (Journaliste) 12H10 05/10/2007
Objectifs hors d'atteinte, pressions, obstacles administratifs... le ras-le-bol monte jusque dans les préfectures.
"Ca devient du harcèlement moral." Ce cadre de préfecture, dans un département rural, ne mâche pas ses mots. Pour tenir les objectifs -Brice Hortefeux a fixé à 25000 le nombre d'étrangers en situation irrégulière à expulser avant la fin de l'année- il faut nourrir une machine administrative et judiciaire d'une complexité inouïe. Les préfets mettent la pression sur les troupes. A tous les étages. Il faut aller chercher les immigrés en situation irrégulière dans les coins les plus reculés. Pour un résultat final peu probant. Après les policiers, les gendarmes et les magistrats, les agents des préfectures expriment leur nausée.
Voici son témoignage:
Nous sommes en situation de harcèlement moral. Cela fait en gros cinq ans que cela dure (depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy Place Beauvau, ndlr). Dans notre petit département, le taux d'immigrés dans la population est inférieur à la moyenne nationale. Nos objectifs sont peu élevés par rapport aux grandes villes . Pourtant, même chez nous, tout le monde craque au bureau des étrangers.
Pourquoi? Procéder à l'expulsion des étrangers est dur humainement. Surtout quand il s'agit de démunis -soit la quasi-totalité d'entre eux. Il y a aussi les convictions personnelles de chacun en la matière.
Il y a surtout le sentiment de perdre son temps. Avant tout, le bureau des étrangers s'occupe de l'accueil des étrangers, du renouvellement des titres de séjour, des étudiants, des travailleurs qui viennent régulièrement, de donner des papiers aux conjoints de Français après leur mariage... Bref, participer à l'intégration des étrangers sur notre sol.
Garanties juridiques très fortes
Aujourd'hui, les procédures d'expulsion mangent notre agenda. Pour un résultat souvent nul. Pratiquement la moitié de nos procédures échouent. D'un point de vue purement administratif et objectif -sans même se placer au niveau de la morale-, ce système est complètement absurde dans son fonctionnement. Et au final contre-productif.
On nous fixe des obligations de résultats chiffrées sans nous donner les moyens d'y parvenir. Tout simplement parce que l'étranger en situation irrégulière bénéficie de garanties juridiques très fortes. Des garanties auxquelles le gouvernement n'a pas voulu s'attaquer. Au moment de son interpellation, le clandestin enclenche une machine administrative très lourde.
Première étape: la préfecture produit un arrêté de reconduite à la frontière. A partir de ce moment, selon la loi, l'étranger ne peut rester en rétention administrative que 48 heures. Impossible avec ce délai de lui trouver un billet d'avion comme un laissez-passer de son consulat. Donc on demande un prolongement de la rétention. Celle-ci ne peut se faire que dans un centre de rétention administrative (CRA). Il n'y en a pas chez nous. Le premier est à 250 kilomètres.
Mais avant de trouver une place en CRA, il faut obtenir cette prolongation du juge des libertés et de la détention, le JLD. C'est là que ça se corse. Souvent, le JLD, pour une raison ou une autre, casse notre procédure. Ils trouvent tous les prétextes: l'interprète n'a pas signé les bons papiers, la personne interpellée n'a pas pu téléphoner, etc.
Si la procédure est cassée à cette étape, tout le travail de la police ou de la gendarmerie -qui gardent les clandestins jour et nuit- est réduit à néant.
Le procureur peut faire appel de la décision du juge, mais il n'a que quatre heures pour le faire. Quatre heures, c'est très court, et il faut prouver que la personne représente une menace à l'ordre public. Le procureur doit démontrer que le rétenu risque de s'échapper dans la nature si on le relâche. La cour d'appel peut quand même parvenir à annuler l'ordonnance du JLD. Entraînant une prolongation de quinze jours de la détention.
Inégalités selon la nationalité
Tout n'est pas fini. Il faut trouver une place en centre de rétention administrative à la personne en cours d'expulsion. Souvent, il n'y a plus de place. Nous sommes alors obligés de relâcher tout le monde. Donc nous passons une grande partie du temps à tenter de décrocher des places en centre de rétention administrative, parfois à l'autre bout du pays. Concrètement, cela représente des dizaines de coups de fil, de fax, de bordereaux à remplir. Des heures de travail.
Souvent, l'individu doit aussi comparaître devant des instances éloignées géographiquement (tribunal administratif, cour d'appel, etc.). Sans compter le passage obligatoire au consulat, en région parisienne mais aussi parfois dans le sud du pays. Le consulat de Turquie se trouve ainsi à... Marseille. Pas très pratique si la personne a été interpellée dans le Nord...
C'est ainsi que de nombreux détenus sont trimballés en fourgon de police ou de gendarmerie pendant quinze jours et font le tour de France. Le temps d'attendre que les juridictions statuent.
Certains arrivent au bout de la procédure et arrivent à Roissy. On connaît l'histoire: certains refusent d'embarquer. C'est un délit. Ce qu'on sait moins, c'est que les tribunaux compétents -ceux de Roissy- sont débordés. Et refusent de condamner. La plupart du temps, les réfractaires sont donc relâchés.
Le plus dur: tous les expulsables ne subissent pas le même sort selon leur nationalité. Prenons les Russes. Leur ambassade leurs refusent systématiquement tout laissez-passer pour retourner au pays. C'est comme ça. Du coup, quand les gendarmes ou les policiers en arrêtent, ils les relâchent.
On rencontre le même genre de "problème" avec l'ambassade chinoise. C'est très difficile d'obtenir des papiers pour pouvoir expulser quelqu'un vers Pékin. On a aussi rencontré le problème avec certains Etats africains. Comme la Côte d'Ivoire, quand les relations avec la France étaient particulièrement tendues. La non-remise de laissez-passer devient alors une arme diplomatique. Une mesure de représailles. Les Turcs en jouent de plus en plus, avec l'opposition de la France à l'entrée dans l'UE, la reconnaissance du génocide arménien, etc.
On se retrouve donc avec une population de "ni-ni": ni régularisables, ni expulsables. Une situation grotesque. Et qui va en s'aggravant. Dans le silence le plus total. Car ce genre d'informations circule vite chez les candidats au départ fuyant la misère. On le sait, c'est devenu un argument promotionnel pour les passeurs: "Partez en France, ils vous garderont..."
La France peut faire pression sur certains pays pour obtenir davantage de laissez-passer, mais pas sur des Etats stratégiques comme la Russie ou la Chine. En revanche si vous êtes d'Afrique sub-saharienne...
Même à 25000 par an, il faudrait vingt ans
Tout cela représente une énorme galère. Pour pas grand-chose. Il y a probablement 400000 ou 500000 sans-papiers en France. Même si on en expulse 25000 par an, il faudrait attendre vingt ans. D'ailleurs pour cette année on est encore loin de l'objectif... Début octobre, nous en sommes à 13000 éloignements d'étrangers en situation irrégulière.
Mais même 25000 expulsions par an résoudraient-elles le problème, compte-tenu des arrivées? Probablement pas. Cet objectif chiffré ne tient pas la route. On sait bien que le principal moteur de l'immigration, c'est la misère et l'absence de libertés dans nombre de pays.
On sent le même ras-le-bol chez les policiers et les gendarmes. Comme nous, les expulsions leur prennent un temps considérable. Comme nous ils ont l'impression, pendant ce temps, de ne pas "faire leur boulot". On nous demande sans arrêt de couper dans nos budgets, et on fout de l'argent par les fenêtres. Imaginez toutes ces heures payées pour des procédures souvent vouées à l'échec? Nous avons le sentiment de servir de vues politiciennes à court-terme. C'est déprimant
Publié par franc-tireur à 01:09:39 dans POLITIQUE | Commentaires (0) | Permaliens
Les gazettes et les blogs ne parlent que de cela : le «Manifeste pour une gauche moderne » publié par le gracques, collectif de hauts fonctionnaires sociaux libéraux. Ce texte est en fait d'une très grande pauvreté intellectuelle et ne justifierait pas que l'on passe du temps à le commenter si des médias serviles ne s'en faisait pas l'écho. Pratiquement tous les points de ce manifeste sont sujet à caution, à critique et à discussion comme l'a magistralement démontré Malakine. J'ai choisi de m'intéresser plus particulièrement à la vision économique qui sous-tend le raisonnement des ces « modernisateurs » de la gauche. Loin d'être moderne (et encore plus loin d'être progressiste) leur analyse économique reprend entièrement le corpus théorique des économistes néo-classiques du dix-neuvième siècle : des individus atomisés, essentiellement des petits entrepreneurs se confrontent sur un grand marché efficient. De ce marché résulte une répartition des richesses globales juste et dont le niveau est socialement immuable, si ce n'est à causes des « comportements immoraux » et des « rentes » dus à l'insuffisance de marché... Les traits actuels du capitalisme dominé par la finance sont totalement occultés et les injustices sociales réduites à des problèmes de redistribution interindividuels. Ce faisant, les graques passent totalement à côté des défis économiques actuels et se font les zélateurs des réformes souhaitées par la classe dominante.
ð « La gauche doit dire clairement que l'économie de marché est une bonne chose même si les valeurs marchandes ne doivent pas tout envahir. Elle doit en comprendre la dynamique positive, celle qui permet de créer des richesses collectives et individuelles et de servir finalement la justice sociale »
La production, est au contraire un acte de création de richesse sous la forme de produits et de services. Pour produire efficacement, il faut que différentes personnes combinent leurs compétences (manuelles, intellectuelles) et coopèrent ensemble : c'est le travail collectif. Dans sa forme moderne, celui-ci s'effectue au sein d'entreprises, qui par définition sont des formes d'organisation distinctes du marché : à la régulation marchande qui n'est qu'une confrontation d'intérêt individuel, elles opposent une forme de régulation collective de l'acte de production. Cette régulation n'et pas automatiquement plus harmonieuse que celle du marché. Simplement, dans l'organisation qu'est l'entreprise, la confrontation entre les producteurs (nous résonnons ici dans le cadre d'une entreprise entrepreneuriale ou coopérative, où les propriétaires du capital n'interviennent pas... nous verrons que la réalité est tout autre) va permettre l'élaboration de compromis : la sécurité de l'emploi pour les salariés contre leur acceptation d'être diriger par un chef d'entreprise (alors que dans un marché purs, ils loueraient leur force de travail au jour le jour à l'employeur le plus offrant) ; la garantie d'un accroissement de leur salaire en contrepartie d'effort de productivité accrus.... Ce mode d'organisation, par rapport au marché, permet de substantiels gains de productivité, car elle établie une relation durable entre les producteurs qui développent leur efficacité et travaillent pendant le temps qu'ils passaient autrefois sur un marché à contracter ou à re-contracter.
Mais surtout, là où le marché est un lieu de redistribution (entre producteurs, et aussi entre producteurs et consommateurs), l'entreprise (ou la production) est le lieu de la distribution primaire des richesses entre le capital et le travail. Si l'on veut réduire les inégalités, c'est au niveau de la répartition primaire de la valeur ajoutée qu'il faut agir !ð « il faut cesser de voir dans l'entreprise un ennemi ».
La gauche, n'a jamais été défavorable à l'entreprise comme structure productive, mais à sa forme capitaliste qui octroie une rente aux propriétaires des capitaux. Bien au contraire, on a souvent reproché à la gauche d'être productiviste ! La gauche est pour les entreprises, mais contre les grandes sociétés de capitaux privés. En effet, le problème est que l'entreprise n'existe pas juridiquement. La seule entité dotée de la personnalité juridique (et donc de droits) est la société (les anglo-saxons disent « corporation »). Hors, une société est constituée par l'apport initial d'un capital ; le ou les propriétaires de ce capital sont ceux qui sont reconnus comme ayant des droits (et normalement des devoirs) sur la société. Ainsi, le rôle premier d'une société est de servir l'intérêt de son ou de ses propriétaires. Dans ce cadre, l'intérêt des autres producteurs qui sont au service de la société (i.e. les salariés) est secondaire. Ceux-ci reçoivent une rémunération (le salaire), mais qui est inférieure à la richesse qu'ils ont crée par leur travail (ce que l'on nomme la Valeur Ajoutée), la différence étant le profit qui échoit aux propriétaires de l'entreprise.
Le mouvement socialiste a toujours affirmé que l'on peut produire efficacement avec un autre mode d'organisation (entreprise publique, mutuelles, coopératives).
- « La gauche doit être favorable aux entrepreneurs. ».
Le problème, est que dans une société où les richesses monétaires sont concentrées dans le mains de quelques privilégiés et/ou dans les mains de grandes sociétés bancaires ou financières, un travailleurs qui de par son talent ou sa créativité souhaite fonder une entreprise n'a pas toujours accès au capital lui permettant de se lancer. Le taux de disparition des jeunes entreprises au bout de qq années d'existence est par ailleurs très élevé. Bien sûr il faut soutenir l'innovation, mais celle-ci ne passe pas uniquement par l'entrepreneuriat : de grandes innovations ont vu le jour grâce à des chercheurs au sein d'institutions publiques, ou grâce à des ingénieurs salariés au sein de d'entreprises. Cette apologie du petit entrepreneur individuel est d'autant plus déroutant, que la tendance historique est à la salarisation croissante de la main d'œuvre. Si ces dernière année ce mouvement s'est stabilisé, c'est que de plus en plus de personnes n'arrivent pas à trouver d'emploi salarié et sont obligé de se mettre à leur propre compte. Dans beaucoup de cas, ils échouent. D'autant plus que tout ceux qui créent un entreprise n'ont pas forcément un esprit innovateurs et se contentent de créer des activités tout à fait respectables et utiles mais sommes toutes assez conventionnelles : aide à domicile, restauration... Par contre, de plus en plus de grande entreprises préfèrent employer des travailleurs indépendants comme prestataires plutôt que de les salarier, car cela leur permet de ne pas payer de cotisations sociales sur leur travail et leur faire porter le risque économique (il est plus facile de mettre fin à une relation commerciale qu'à un contrat de travail).
La conséquence de cette priorité donnée au revenu des actionnaires c'est que les entreprises sont obligés à la fois de comprimer leur coût (logique déflationniste) y compris par des licenciements ou des externalisations, et de reverser la totalité de leur profit aux actionnaires au détriment de l'investissement ! Car non seulement les actionnaires n'assument plus le risque pour lequel ils sont rémunérés mais ils ne financent plus l'investissement des entreprises !
En effet, lorsqu'une entreprise procèdent à une augmentation de capital, elle émet des actions qui sont souscrites par des actionnaires contre le versement d'une certaines somme d'argent. Cet argent doit normalement augmenter les capitaux propres de la société pour lui permettre de disposer de d'avantage de liquidité pour par exemple financer des investissements. Or depuis les années quatre-vingts dix, les émissions d'actions (i.e. l'argent apportée par les actionnaires aux entreprises) sont inférieures aux montants des dividendes et autres rachats d'actions (i.e. l'argent que l'entreprise verse aux actionnaires), comme le montrent les données ci-dessous :
| 2003 |
2004 |
2005 | |
| Total rachats d'actions |
10,3 |
12 |
10 |
| Dividendes versés (cac 40) |
14,1 |
16 |
24 |
| Total émissions d'actions |
22,8 |
10,6 |
14 |
|
Total émissions nettes d'actions |
- 1,6 |
- 17,4 |
- 20 |
Sources : La lettre de Vernimen à partir données AMF et rapports annuels
Comme le note Dominique PLIHON (in « le nouveau capitalisme », ed. La découverte), les marchés financiers ne financent pas les entreprises mais au contraire les ponctionnent !
Or sur tous ces point fondamentaux du capitalisme il n'y a pas un seul mot dans le manifeste des gracques ! Ceux-ci adoptent le point de vue des économistes néo-classiques du XIXe siècle : ils font l'apologie d'une économie fondée sur un marché pur et efficient, et composée de petits entrepreneurs ! Ils veulent nous faire croire que ce sont les marché libre qui créent la richesse et pas le travail collectif. Ils veulent réduire l'entreprise à la figure héroïque de l'entrepreneur innovateur alors qu'elle n'en a jamais été aussi éloignée. Ils veulent nous faire croire que les inégalités et les injustices sociales sont un problème inter-individuel alors qu'elles sont la caractéristique capitalisme néo-libéral.
A aucun moment ils n'évoquent la politique macroéconomique, grand acquis du keynésianisme. La politique monétaire et l'euro surévalué ? Pas un mot ! Comment soutenir et relancer la croissance ? Rien ! Quels investissements en infrastructures de communication ou de santé doit on effectuer pour répondre au défis sociaux et environnementaux ? Inexistant !
A les écouter, la source de tous nos mots se sont les « rentes » de situation dont bénéficient certains : on comprend bien que ce ne sont pas les rentes financières qui sont en causes (puisqu'ils n'en parlent pas) mais les quelques avantages professionnels dont bénéficient certains salariés (cheminots ou électriciens/gaziers) !
- Notre société est majoritairement composée de salariés.
- L'économie est dominée par de très grandes entreprises multinationales exclusivement au service des actionnaires.
- Le libre échangisme commercial met en concurrence les travailleurs et les nations tandis que le liberté de circulation des capitaux encourage la spéculation source de graves crises.
Dans une telles situation :
Il est inconscient de prôner la « négociation entre partenaires sociaux » pour résoudre la question de l'emploi et des conditions de travail : Avec qui les syndicat pourraient-ils négocier si ce n'est avec un patronat en position de force absolue ? Seule l'intervention de la puissance publique permet au contraire de rééquilibrer une situation en faveur de la partie la plus faible (à supposer bien sûr que les dirigeants soient au service de l'intérêt général...). Les Gracques ferait bien de se rappeler Lacordaire : » parfois c'est la liberté qui opprime et la loi qui délivre ».
Face à une telle situation, il est illusoire et dangereux de réduire le rôle de l'état à des actions d'ascension sociale ! Les Gracques parlent d'une gauche redistributrice : mais la redistribution qu'ils évoquent s'effectue dans un cadre donné, à savoir celui d'un partage de la valeur ajoutée durablement déformé en faveur du capital. La redistribution ici évoquée est une redistribution secondaire et non pas primaire. Selon eux, La redistribution doit aller de certains riches vers certains pauvres (les « exclus ») et non pas du capital vers le travail.
Pris globalement, leur réflexion s'articule autour du fait que la société doit rester inégalitaire, mais qu'ils doit y avoir un turn-over social au niveau individuel : il y aura toujours des puissants et des défavorisés, simplement par l'ascenseur social, à chaque génération certains enfants de riches doivent devenir pauvres et certains enfants de « pauvres » devenir riches...
A chaque ligne, on a l'impression de lire un manifeste écrit par quelques aristocrates débonnaires et soi disant « éclairés » au temps de la restauration ou du second empire ! Ils passent pas perte et profit tout les progrès de l'économie politique réalisés par Marx, Keynes ou les économistes institutionnalistes (Commons, Veblen...). Ils « oublient » de dire que la mise au pas de finance, du libre échange entre 1944 et 1980 a permis un cycle de croissance et de progrès économique sans précédent. Derrière ce galimatias d'idée reçues et de bons sentiments qui n'est que la resucée de l'idéologie dominante on distingue clairement les intérêts que défendent finalement les gracques : ceux des classes dominantes.
Publié par franc-tireur à 13:32:59 dans ECONOMIE | Commentaires (1) | Permaliens
«Cher Guy Môquet, je t'écris...»
Réaction à la lecture de ta lettre dans un vestiaire du Stade de France avant le match de rugby
Par Antoine Vitkine, écrivain et réalisateur de documentaires.
QUOTIDIEN : mercredi 12 septembre 2007
je t'écris pour te demander pardon. Il y a quelques jours, on a lu la lettre que tu as envoyée à tes parents, il y a soixante-six ans, juste avant de mourir assassiné par les nazis auxquels, au risque de ta vie, tu avais décidé de résister, à 17 ans seulement. Ta lettre, on l'a lue dans les vestiaires d'un stade, aux joueurs d'une équipe française de rugby, avant un match très médiatisé qui les opposait à une autre équipe, l'Argentine.
Tu es surpris ? Quel rapport entre cette lettre, que tu as rédigée l'âme déchirée dans la crasse d'une geôle nazie, et le match d'ouverture d'une Coupe du monde de rugby ? S'agissait-il d'appeler les joueurs à se sacrifier pour leur patrie, comme toi tu étais supposé l'avoir fait, toi qui pourtant t'es moins sacrifié pour la patrie que pour la liberté et la dignité de tous les hommes ?
Le rugby, ce sport que l'on pratiquait à ton époque, s'est-il changé en un demi-siècle en lutte contre la barbarie ?
Non, bien sûr. La vraie raison, je vais te l'expliquer. Un président nouvellement élu, en quête de nouvelles références pour l'identité nationale, amateur de symboles forts plutôt que de la force du sens, s'est mis en tête de faire de ta lettre un symbole. Un symbole qu'il entend même faire lire dans les collèges et les lycées de France, et dont un entraîneur s'est saisi, pensant bien faire.
Je te le dis, bien qu'au fond ça n'ait aucune importance : les joueurs français ont perdu. Trop d'émotion, ont dit les commentateurs sportifs ( «On a chargé la barque émotionnelle jusqu'au trop-plein»), trop de pression, certains joueurs ont pleuré, lire la lettre fut une erreur. Une erreur. Si l'équipe avait gagné, aurait-on, au contraire, lu ta lettre avant chacun de ses matchs, comme un talisman, un gri-gri, une mascotte ? Et puis après, lors de chaque compétition d'importance ? Ta lettre, forte et triste, aurait-elle finie imprimée sur des maillots, le jour de la victoire, sur les Champs-Elysées, au milieu des cotillons, des fanions et des canettes de bière ? Heureusement, cher Guy Môquet, ils ont perdu. Trop d'émotion, a-t-on donc dit pour expliquer la défaite et pour souligner l'inà-propos de cette lecture.
Que ta lettre soit émouvante importe peu, tu le sais bien, toi qui, à l'époque, te fichais bien d'écrire une lettre émouvante. Et pour nous, aujourd'hui, ta lettre devrait représenter autre chose que de l'émotion ; elle est un morceau d'Histoire, un témoignage de l'infamie nazie et de l'abnégation de ceux qui lui résistèrent.
Or, cher Guy Môquet, ta lettre et ta mémoire sont devenues les instruments d'une compétition sportive, parce que quelques-uns ont voulu en faire un ingrédient d'un chauvinisme sportif nouveau, plaçant leurs drops bleu-blanc-rouge sous la protection de tes mânes.
Par-delà ce match, ta lettre est devenue l'instrument de la communication d'un homme politique, qui a bien compris qu'elle est chargée d'émotions collectives et de valeurs fédératrices, un symbole de la lutte du bien contre le mal, d'une citoyenneté renouvelée et fière d'être française. Un symbole national de plus, après Jeanne d'Arc et le Soldat inconnu, mais avec un surcroît d'âme et d'émotion.Un peu d'émotion dans le moteur de l'identité nationale, voilà ce que représente ta lettre, aux yeux du Président, à une époque où l'émotion, en politique comme en toute chose, est portée aux nues.
«Je n'ai jamais pu lire ou écouter la lettre de Guy Môquet sans être profondément bouleversé», a déclaré ce président le 17 mai 2007, pour justifier sa première décision de nouvel élu, faire lire ta lettre dans les écoles, «bouleversé». Tout était dit. Au moins honorons-nous ta mémoire. Mais pour le faire vraiment, pour que cela ait du sens, il faudrait rappeler pourquoi tu es mort, enseigner l'Histoire plutôt que sacraliser ta lettre qui, à elle seule, ne dit pas grand-chose. Il faudrait enseigner une histoire plutôt que bâtir des piédestaux à des héros, à des martyrs, à des saints...
Tu n'es pas un martyr, nous n'avons pas de martyr en République. Tu n'es pas un saint, ni le saint patron des rugbymen et des lycéens. Tu es l'un des dizaines de milliers de résistants qui ont donné leur vie en combattant. Une victime parmi des millions d'autres victimes du nazisme aussi, en Europe et en France.
Au hasard : ton alter ego, Maurice Abadie, arrêté à 17 ans par la police française, gazé à Auschwitz par les nazis. Ou encore, Renée Alfandari, Henri Alixant et tant d'autres.
Le plus grave, c'est que ce faisant, on raconte aux générations futures une Histoire tronquée, imaginaire, partielle. On galvaude ta lettre, ton exemple et toute la Résistance contre le IIIe Reich. On fait des nazis qui t'ont assassiné de vulgaires croque-mitaines tueurs d'adolescents. Bientôt, cher Guy Môquet, ta lettre sera le symbole de la lutte contre le Mal, en tout temps et en tout lieu. Et les lycéens, saisis d'effroi et d'émotion quand on leur lira ce symbole national que sera devenue ta lettre, oublieux d'une histoire qu'ils connaissent parfois mal, traiteront de sale nazi le premier tueur d'enfant venu. Cela entretiendra la confusion et l'inculture, plutôt que d'y remédier.
Pardon, cher Guy Môquet, de t'exposer les péripéties dérisoires dont ta lettre est l'objet. Pardon de galvauder ta mémoire, de mêler ton souvenir à une compétition sportive que l'on aura vite oubliée.
Contrairement à toi.
http://www.liberation.fr/rebonds/277741.FR.php
Publié par franc-tireur à 12:58:12 dans ECONOMIE | Commentaires (0) | Permaliens
Comme les quelques internautes égarés sur ce blog et - sait-on jamais - les quelques lecteurs/commentateurs fidèles, s'en seront aperçus, ce blog est en sommeil de puis prés de 3 mois.
En effet, un changement professionnel m'a amené à déménager, me privant de beaucoup de temps et surtout de connexion internet personnelle...
Je commence à sortir la tête de l'eau, au moment ou plongent les prévisions de croissance et la cote de popularité du gouvernement... Le franc-tireur devrait donc prochainement ressortir de son maquis...
Merci de votre compréhension.
Franc-tireur
Publié par franc-tireur à 08:56:51 dans POLITIQUE | Commentaires (1) | Permaliens