Ce blogg vise à stimuler la reflexion critique en diffusant des analyses originales qui ont en commun la défense et la promotion de la République, de la justice sociale et de la souveraineté nationale et populaire.
Nous connaissons désormais, la liste des candidats à l'élection présidentielle. Ce qui était prévisible est désormais avéré : les candidats sélectionnés ne servent tous qu'à figer le système le politique : Nous retrouvons en effet avec d'un côté des candidats de la gauche radicale (Schivardi, Laguiller, Bové, Besancenot, Buffet) ou de la droite extrême (Lepen, De villiers) et d'autres plus catégoriels (Voynet, Nihous) qui n'ont aucune chance de remporter cette élection, et trois représentants de la politique libérale et monétariste poursuivie suivie depuis trente années (Royal, Bayrou, Sarkozy).
De fait, la principale (et mauvaise) nouvelle est l'absence de Nicolas Dupont-Aignan. Aprés le ralliement de Jean-Pierre Chevènement à Ségolène Royal, NDA était le dernier candidat à s'efforcer de proposer un projet Républicain qui soit assez réaliste tout en étant volontariste pour essayer de sauver ce qui reste de la France. Alors qu'on a vu ces dernières semaines, de nombreux représentants de l'UMP proclamer solennellement qu'il serait inadmissible que « Le Pen ou Besancenot » n'aient pas le nombre de parrainages leur permettant de se présenter, force est de constater que la consigne ne s'appliquait pas à NDA, qui des « petits » candidats « importants » est le seul à être resté sur le carreau. Ainsi, après avoir rendu impossible toute candidature de Chevènement (constamment désigné à la vindicte médiatique comme le responsable du 21 avril 2002), « l'établissement » à empêché NDA de se présenter, privant les citoyens français d'un candidat Républicain social au premier tour de l'élection présidentielle.
Pour tous ceux qui comme moi s'inscrivent dans un combat Républicain et socialiste, le vote au premier tour n'apparaît déjà plus qu'un second choix.
Faut-il alors voter blanc comme le proposaient les membres du groupe République ! ? A tout prendre je préfère m'abstenir, pour montrer à quel point l'élection fut dans son organisation même une parodie, d'autant plus que les votes blancs ne sont pas comptabilisés et renforcent paradoxalement la participation électorale et in fine la légitimité du scrutin. Alors, regardons tout de même les candidats en lice.
Evidemment, j'exclus totalement de voter en faveur de N. Sarkozy, P. De Villiers ou J-M Lepen, pour des raisons qu'il me semble inutiles de préciser. Mais je ne voterai pas non plus pour F. Bayrou. Certains, vraisemblablement de bonne foi, estiment que sa candidature serait en mesure de faire « turbuler » le système, en éliminant un, voir les deux candidats de l'UMP et du PS. Mais une fois à l'Élysée quelle politique mènera F. Bayrou : et bien il poursuivra, avec peut être DSK à Matignon, la même politique en insistant sur des objectifs monétaristes de réduction de la dette ou de flexibilité du marché du travail. Et sur l'essentiel, l'Europe, il va de soi que le candidat de l'UDF ne remettra jamais en cause les décisions et le cadre actuel de l'Union Européenne. Soyons clair, la ligne politique de Bayrou c'est simplement de contester au PS et à l'UMP le leadership sur la pensée unique, en aucun la remettre en cause.
Mon refus viscéral du gauchisme « institutionnel » m'interdit de voter pour la LCR d'O. Besancenot ou pour la candidate des Verts, D. Voynet, ni pour « l'altermondialiste » José Bové. Je n'ai pas non plus d'affinité avec le programme et la ligne politique de A. Laguiller et de LO. Si je regarde avec sympathie la démarche de CPNT, qui est un mouvement populaire, j'aurai du mal à voter pour un candidat qui défend des intérêts largement catégoriels (bien que les autres candidats ne soient pas non plus exempts d'un tel reproche).
Ensuite, il y a la candidate du PS, Ségolène Royal. J'ai de gros problème avec sa personnalité et surtout avec la ligne post-moderne et post politique qu'elle défendait jusqu'à très récemment, en particulier en soutenant le « oui » à la Constitution européenne. Force est de constater que son « populisme », s'il est probablement une stratégie électoraliste, l'amène à rompre dans son discours avec une partie de l'orthodoxie européiste et libérale du PS. Les réactions très hostiles de l'aile droite du PS (DSK, Besson...) et la patte manifeste de J-P Chevènement me rendent sa candidature plus sympathique... sans pour autant me convaincre. Ségolène Royal, n'insiste pas sassez sur les points cruciaux que sont la mondialisation et l'Europe, noyant ses quelques propositions timorées (reforme des statuts de la BCE) dans une série de propositions très catégorielles (contraception gratuite pour les mineures...). Sur le devenir du TCE, elle semble avoir pris certains engagements (quoi qu'il arrive une consultation réferundaire), mais reste très floue sur le fait que le TCE doit être clairement abrogé... comme sur sa proposition de « traité institutionnel et social ». Bref, je crains qu'une fois au pouvoir elle n'assume aucune véritable rupture et se laisse phagocyter par les hauts fonctionnaires de Bercy ou de Bruxelles, au non de la stabilité économique, de la réaction des marchés financiers, de l'avenir de l'Europe ou je ne sais quoi encore...
Au second tour, face à F. Bayrou ou N. Sarkozy, je voterai certainement pour Ségolène Royal, sans aucune illusion mais sans état d'âme. Mais au premier tour, je refuse de cautionner le principe anti-démocratique du « vote utile » pour un candidat du PS qui pour l'instant ne donne pas de véritables gages sur sa rupture politique avec le libéralisme et l'européisme. Si Ségolène Royal poursuivait nettement sa prise de distance vis à vis de l'aile droite du PS et prenait une position forte et claire sur la remise en cause de l'Europe fédérale et libérale, alors je serai peut être amené à revoir ma position...
Après ce rapide - tour d'horizon il reste que deux candidats :
- Gérard Schivardi, un ex-PS soutenu par les Lambertistes du Parti des travailleurs,
- Marie-Georges Buffet, candidate du PCF, auto-procalmée candidate de la « gauche populaire et antilibérale ».
G. Schivardi, se présente sur une ligne politique claire : la Sortie du traité du Maastricht et la défense de l'indépendance des communes. Si j'approuve sans réserve le premier point, le second qui amène M. Schivardi à se présenter comme le « candidat des maires » (ce qui risque de l'amener à ne rassembler que moins de 36 000 suffrages) me laisse plus sceptique. Je ne suis pas non plus, un grand adepte du trotskisme lambertiste... Ceci étant dit, pour défendre le vote du 29 mai 2005, le vote pour Gérard Schivardi peut être un bon compromis.
Terminons, maintenant sur le cas de la candidate du PCF, M-G Buffet. Ayant souvent voté communiste dans le passé, je regarde avec sympathie la démarche de M-G Buffet. La lecture rapide de son programme m'a plutôt surpris positivement, celui-ci reprenant finalement les grandes lignes d'un socialisme pré- 1983 (nationalisations, rôle de l'Etat, pouvoir d'achat, remise en cause fiannciarisation). Cependant, les poncifs multi-culturalistes et alter-mondialistes figurent aussi en bonne place. En particulier, le quasi-ralliement à l'hypothétique « Europe sociale » me laisse très sceptique. Pour autant, le fait que l'aile droite du parti (hue-sites et rénovateurs) et certains « gauchistes » (LCR, Bové) soient très hostiles à cette candidature m'incite ici aussi à considérer le vote M-G buffet avec intérêt.
Au final, il n'y aura pas pour moi, ni je pense pour les républicains, un véritable vote de conviction ou même d'adhésion à la présidentielle. Le choix final ne sera donc pas enthousiasmant et n'en aura finalement que moins d'importance. La campagne officielle qui débute la semaine prochaine, sera peut être l'occasion pour les candidats d'affirmer et de clarifier leur ligne politique. J'écouterai, puis je choisirai ce qui m'apparaîtra comme la « moins pire » des solutions...
Election piège à C... ?
le Franc-tireur
Publié par franc-tireur à 12:54:02 dans POLITIQUE | Commentaires (2) | Permaliens