• Chômage : la faute à l'euro pas aux salaires

    Hier, le président d'EADS, Louis Gallois, a annoncé qu'en raison de la sur-évaluation de l'Euro le constructeur européen aéronautique civil Airbus allait être contrait de délocaliser des sites de production dans la zone dollar.

    Ce jour, j'apprend que Jean Claude Trichet, directeur de la Banque Centrale Europénne (BCE),affirme que "les salaires minimums pénalisent la création d'emplois" (AP, 5/12/2007). Pour ce gardien sourcilleux de l'euro fort, le problème du chômage ne vient pas du faible investissement productif dans la zone euro, ni des exigence de rentabilité excessives des marchés financiers (qui exigent eux un rendement minimum de leur investissement) mais des salaires et de leur "rigidité". Outre l'aspect caricaturalement néolibéral de cette affirmation, pourtant souvent contredite par le théorie comme par les faits, on se doit de comparer les deux affirmations précédentes.

    La première émane du PDG de ce qui fut, et reste malgré la gestion calimiteuse des actionnaires actuels (lagardère, Etat français, ...), le fleuron de l'industrie européenne qui a longtemps fait figure de modèle. Cette entreprise, avant sa privatisation en 1999, fut construite par la coopération d'états européens (France, Allemagne, Grande Bretagne, Espagne...), ce que l'on appellerait aujourd'hui l'europe des projets.

    La seconde, vient du représentant de l'europe néolibérale et de la monnaie unique qui a offert à la zone euro le privilège d'être depuis une dizaine d'année la zone du monde où la croissance économique est la plus faible. L'euro, est une construction "hors sol", assise sur une logique fédérale qui enserre les nations et les économies dans un carcant récessionniste appelés "pacte de stabilité", sans parler de l'actuel taux de change à 1.5 dollars.

    Force est de constater, que non content d'être inéfficace, l'europe néolibérale de M. trichet est en train d'étouffer l'europe des projets, tout comme la finance étouffe l'industrie. Il n'y a de la part de M. trichet pas la moindre honte à stigmatiser le niveau des salaires minima, alors que la politique monétaire qu'il assume (selon la lettre des traités européens) est certainement le facteur primordial de faible croissance et donc de faible création d'emploi. Ce qui bloque l'investissment, la croissance et l'emploi ce n'est pas le niveau des salaires mais celui de la l'euro : dans ce domaine, M. trichet et les dirigeants européens feraient bien d'avoir un peu de la flexibilité qu'ils réclament aux autres...


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  • Commentaires

    1
    Jeudi 6 Décembre 2007 à 22:30
    euro ou libre échange ?
    Ouaip ... Je suis dubitatif ... L'euro fort est surtout un dollar faible et donc un yuan faible. Et une monnaie forte à deux versans. Des exportations ralenties - mais quels sont les secteurs en france que cela concerne à part l'aéronautique ?? et surtout des importations moins coûteuses qui sont en train de détuire tout notre tissu productif. L'industrie française ne se résume pas à la fabrications des airbus. Mais à cela, il y a une solution, c'est les droits de douanes ... Franchement, il me semble plus important qu'on protége l'ensemble du tissu prodctif européen du dumping social environnemental et monétaire des pays à bas coûts plutôt que de vouloir protéger les quelques rares industries qui exportent en dehors de la zone euro. Renchérir le prix des importations, je crois savoir que c'est possible. Diminuer la valeur de l'Euro quand le dollars est miné par les océans de dettes accumulés par l'économie américaines, je ne vois pas comment on peut faire ... Tu sais ?
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